Les coopératives : un modèle moderne

29 décembre 2019 par LelaboESS Témoignages 3 visites

Les coopératives sont de retour ! Cette forme d’entreprise de l’économie sociale que le capitalisme financier aimerait voir disparaître connaît un regain d’intérêt.

Au cours des cinq dernières années, le nombre de Société Coopérative Coopérative Une coopérative est un groupement d’individus (commerçants, consommateurs, producteurs…) choisissant de mettre leurs moyens en commun afin de satisfaire leurs besoins. et Participative (SCOP SCOP Société coopérative et participative ) et de Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC SCIC Société Coopérative d’Intérêt Collectif ) s’est accru de 22% et leurs effectifs de 15%. Les SCIC connaissent un engouement avec 700 coopératives dans des secteurs très variés, comme les énergies renouvelables (Enercoop), l’auto-partage (Citiz) ou encore le streaming équitable (1D Lab). Le modèle de coopératives de consommation, après un déclin, redémarre avec de nouvelles formes d’organisation et d’implication des citoyens comme c’est le cas pour certains supermarchés coopératifs tels que La Louve à Paris et La Cagette à Montpellier. Le logement n’est pas en reste avec la vitalité de l’habitat coopératif (Le Village Vertical). Face à l’Ubérisation du travail, les Coopératives d’Activité et d’Emploi (CAE CAE Coopérative d’activités et d’emploi ) proposent un modèle innovant conjuguant souplesse entrepreneuriale et sécurité salariale. On entend à nouveau dire qu’une « banque coopérative Banque coopérative Une banque coopérative est une entité bancaire qui appartient à ses sociétaires. Ces derniers ont la double qualité d’associés et d’usagers, de propriétaires et de clients de leur banque. qui appartient à ses sociétaires, ça change tout ». La gouvernance Gouvernance Définition coopérative est en passe de redevenir tendance.

D’où vient ce vent qui souffle dans les voiles coopératives ? Qu’est ce qui change pour expliquer un retour de flammes vers des formes d’organisation qui ne datent pas d’hier : les Fruitières de Comté ne furent-elles pas inventées au moyen-âge ? Premier signe, après une domination sans partage de la compétition et du chacun pour soi, on assiste à une redécouverte des vertus du mot « coopération ». Coopérer c’est faire ensemble. Des formules comme « seul on va vite, ensemble on va loin », ou « libres comme l’individu, forts comme le collectif » attirent des jeunes, des entrepreneurs, des acteurs du territoire. Après les Pôles de Compétitivité, ont émergé des Pôles de COOPERATION Territoriale (PTCE PTCE Pôles territoriaux de coopération économique. ). Un jeune diplômé de grande école sur deux aimerait travailler dans l’ESS ESS Qu’est-ce que l’Économie sociale et solidaire (ESS) ?
Définition et présentation de cette économie différente, socialement utile, coopérative et ancrée localement
qui défend ces valeurs de coopération d’après un sondage Ipsos.

La mondialisation et ses excès, écologiques ou sociaux, suscite des initiatives nombreuses et innovantes pour inventer une nouvelle économie « de proximité » qui soit non délocalisable, équitable et durable. Les coopératives y font valoir leur gouvernance à savoir :« une personne, une voix » et leurs règles de réinvestissement local des excédents. On voit mal les salariés associés d’une SCOP, réunis en assemblée générale, décider de la délocalisation de leur propre outil de travail !

Contrairement à une idée reçue, on peut entreprendre en coopérative dans tous les secteurs. Les zones de force restent les coopératives agricoles (40% du secteur agro-alimentaire) et les coopératives bancaires (60% des dépôts bancaires). Hélas, enchainées à l’hyper concurrence et au gigantisme (« too big to fail »), elles peinent parfois à maintenir leur spécificité de gouvernance coopérative et n’ont pas échappé par moment à une certaine banalisation. Le contexte doit les amener à revenir à leurs fondamentaux. L’enjeu pour le mouvement coopératif est de rapidement investir des secteurs émergents à fort potentiel comme la transition énergétique. En Allemagne près de 50% de la production d’énergie renouvelable est réalisée par des coopératives. Nous partons de loin en France, mais des initiatives se multiplient comme Ferme de Figeac, Combrailles Durable ou Enercitif à Paris qui sont des coopératives de production solaire et éolienne qui portent des projets citoyens d’un autre modèle de développement. L’alimentation durable (Biocoop), le vieillissement (Habitat et Humanisme), l’économie circulaire économie circulaire Définition (Groupe Demain), mais aussi les activités culturelles (CAE Clara) sont des secteurs sur lesquels on entreprend de plus en plus en coopérative.

Lire la suite de l’Édito de Hugues Sibille, Président du Labo de l’ESS, ICI !

Voir en ligne : http://www.lelabo-ess.org/les-coope...

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