Supprimer le plastique sur les campus : mission impossible ?

14 novembre 2019 par REFEDD Témoignages 8 visites

Depuis l’année dernière, c’est le défi environnemental que les universités de Nice en France et de McGill au Québec ont pris à bras le corps en commençant par s’attaquer au produit plastique majeur : la bouteille en plastique. De la distribution de gourdes à l’installation de fontaines à eau, ces initiatives nous montrent les alternatives à l’utilisation du matériel plastique, dechet emblématique de notre époque.

 

L’exemple de l’université de Nice : le courage de dire non.

L’université de Nice a décidé que sur les 14 km sur lesquels s’étend son campus, elle dirait NON aux renouvellements des contrats concernant les distributeurs de boissons fraîches. C’est alors 123 sites de distribution sur les 13 établissements (École de commerce, École d’arts, CHU, CNRS, etc…) présents sur le campus qui ne seront pas renouvelés.

Bien-sûr, ces mesures ne sont pas prises sans proposer des alternatives garantissant à chacun un accès à l’eau de façon gratuite. Ainsi, c’est une forte campagne de sensibilisation qui commence pour mettre en avant la gourde. Un kit ambassadeur a notamment été mis en place, composé, entre autres, d’une gourde, d’un sac en vrac et d’un cendrier de poche. 100 ambassadeurs, 400 l’année prochaine, sensibilisent aux alternatives en les faisant vivre.

Maintenant l’université engage une démarche d’installation de fontaines à eau sur l’ensemble des anciens sites de distribution. Fontaines qui devraient être mise en place d’ici début 2020 et permettre de finir avec la dépendance aux bouteilles en plastique sur le campus.

L’exemple de l’université de McGill au Canada : 5 actions pour changer un campus.

C’est le 22 mars 2018, journée internationale de l’eau, que l’université de McGill a pris acte des 5 mesures visant à réduire massivement les déchets plastiques du campus et qui s’axent essentiellement sur les bouteilles d’eau.

  • 1ère mesure : Fin de la distribution de bouteilles en plastique sur le campus : c’est 85 000 bouteilles qui ont été retirées de la vente ; 
  • 2ème mesure : Investissement de l’équivalent de 102 000 euros pour installer des fontaines à eau, soit environ 40 fontaines ;
  • 3ème mesure : La conception de gourdes recyclables ainsi que leur vente à prix bon marché (3/4 euros) dans les magasins de l’université et dans les cafétérias ;
  • 4ème mesure : Une campagne intense de sensibilisation aux alternatives et à la qualité de l’eau est organisée avec, notamment, des tests de goût entre l’eau du robinet et l’eau en bouteille, la mise en place d’un marquage au sol allant jusqu’aux fontaines, ainsi que la mise en place de questionnaires sur les enjeux de l’eau et du plastique ;
  • 5ème mesure : La mise en place de fontaines mobiles pour les évènements et la baisse de plus de 50 % de la distribution de bouteilles d’eau en plastique lors de ces derniers.

L’université de McGill a donc réussi à mettre en place un système alternatif à la bouteille d’eau au sein de son campus. Cependant, même si le plus dur est fait, il s’agit désormais de maintenir durablement sa mise en place, voire d’envisager son amélioration si cela s’avère nécessaire afin qu’il puisse être un modèle d’inspiration pour les autres campus.

 

 

L’action du Refedd contre la pollution plastique : L’opération 0 bouteille en plastique

Ces deux initiatives sont inspirantes pour lutter contre la prolifération du plastique. Rappelons qu’en Europe, chaque année, c’est plus de 52 milliards de litres d’eau qui sont mises en bouteilles. Cela représente 3 millions de tonnes de plastique, dont seulement 1,8 million de tonnes sont recyclées. Le reste, laissé dans la nature, mettra plus de 100 ans à se dégrader …

Dans ce contexte et dans le but de résoudre la problématique des déchets plastiques au sein des campus, le Refedd lance son action 0 bouteille en plastique le 15 novembre, à l’occasion de l’ouverture de la semaine Européenne de réduction des Déchets (SERD). Cette action, qui a lieu partout en France (Campus de Paris, Lyon, Bordeaux, Lille, etc.), vise la diminution des ventes de bouteille en plastique de 10 % dans les établissements adhérents. Si l’objectif peut sembler facilement atteignable, il est surtout une première étape vers la mise en place durable des alternatives aux bouteilles en plastique.

Le Refedd soutiendra tous les établissements participant à la démarche, en mettant en réseau les établissements avec les acteurs proposant des alternatives (fontaine, gourde), en mettant à disposition un kit de communication « zéro bouteille en plastique », ainsi qu’en aidant opérationnellement les établissements dans leurs actions. Ces actions seront réalisées en parallèle de l’initiative d’autres acteurs comme celle de la labellisation Universités Bleues, portée l’association Coordination Eau Ile de France, label donné à tous les établissements supprimant intégralement la vente de bouteilles en plastique.

 

 

Ainsi le Refedd souhaite s’inspirer des initiatives de ces universités, leurs choix sont porteurs d’une nouvelle vision, une vision sur le long terme : celle de ne pas laisser à la société la charge de toujours plus de déchets, celle de ne plus reporter à demain ce qui doit être fait aujourd’hui, celle d’un monde durable. C’est bien dans le cadre de cette vision que l’opération 0 bouteille en plastique s’inscrit, avec l’ambition d’exporter ces alternatives sur tous les campus.

Etudiant.e.s, libre à vous maintenant de porter cette vision avec nous et de soutenir cette action le 15 novembre. Contactez nous sur campus@refedd.org pour mener votre campagne !

Merci à Emilie Demoinde de l’université Côte d’azur et à François Miller de l’université McGill pour avoir témoigné des initiatives qu’ils ont mises en place dans leurs campus respectifs.

 

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Voir en ligne : http://refedd.org/supprimer-plastiq...

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