La Métamorphose, Réintroduire l’être humain dans les écosystèmes

28 avril 2017 par LelaboESS Débats 41 visites

Par Etienne Levesque. Un constat inquiétant - L’équation insoluble :
Nous nous trouvons devant un problème, que nous ne savons pas résoudre, dans le cadre de l’économie classique. Elie Cohen parle « d’équation insoluble ». Comment concilier une croissance proche de zéro, un endettement fragilisant toutes les économies, la lutte contre un chômage commençant à faire monter l’extrême droite un peu partout, une montée des inégalités dans quasiment tous les pays, générant entre autres, un rejet très fréquent de tout accueil de migrants. La peur de la régression sociale et la redistribution des cartes en géopolitique font perdre ses repères à l’occident.

Concernant l’environnement, la COP 21, avancée notable, n’est malgré tout, qu’un accord de principe non contraignant. Il ne précise pas les moyens devant être employés par chaque pays. De plus, son éventuel respect ne permet pas de limiter le réchauffement à 2 degrés. Par ailleurs, nos institutions n’ont pas su, pour l’instant, s’imposer vis à vis des lobbies de la chimie. Cette dernière continue à nous empoisonner et à empoisonner notre environnement avec de plus en plus de conséquences irréversibles.

Patrick Arthus pense que la crise de l’euro peut durer 20 ans. Et Paul Krugman parle d’une trappe à liquidités, pouvant maintenir le monde dans une stagnation séculaire.

Pour Roosevelt, être gouvernés par l’argent organisé était aussi dangereux, qu’être gouvernés par le crime organisé. Nous en sommes là. Rien ne garantit que le « global collapse » ne sera pas au rendez-vous, suite à la prochaine explosion de bulle financière, que les injections massives de liquidités de toutes les banques centrales ne manqueront pas de provoquer un jour ou l’autre.

Le régime de croissance

Michel Aglietta, fait appel, pour analyser le fonctionnement de l’économie, à la notion de régime de croissance. Jusqu’à la fin des Trente Glorieuses, nous étions dans un régime capitaliste de type fordiste, caractérisé par des gains de productivités importants, et une négociation des fruits de la croissance, entre patronat et syndicats. La crise du pétrole de 73, mais auparavant le coût de la guerre du Vietnam, ont déclenché une inflation, que les USA ont cassée brutalement, en augmentant très fortement les taux d’intérêt. Le capitalisme ne s’est plus structuré autour des négociations salariales, le chômage ayant affaibli les syndicats. Mais grâce aux taux d’intérêt élevés, devenant la ressource rare, le capital a pris le relais. C’est l’origine de la prise du pouvoir par la finance. Toujours selon Michel Aglietta, le régime du capitalisme financier est aujourd’hui en bout de course.

Taxer le travail, dilapider la planète, cherchez l’erreur !

Pour compléter le tableau, le rapprochement des fiscalités au sein de l’UE fait du sur place. Pourtant, c’est une condition nécessaire, pour lutter contre « l’optimisation fiscale » des multinationales et des plus riches. Par ailleurs, plomber le travail, quand le chômage est en train de détruire les démocraties, est pour le moins paradoxal. Or, une forte part de nos fiscalités européennes pénalise l’emploi. En effet, au sein d’un même type d’entreprise, il y a une corrélation positive forte entre la plupart des impôts et la masse salariale, et sans parler des charges sociales.

Cette situation nécessite de sortir des sentiers battus et d’imaginer des solutions radicalement nouvelles.

Démarche pour un essai de politique fiction

Partir de la réalité d’aujourd’hui en s’appuyant sur des livres, des articles, la radio, ses expériences personnelles, professionnels ou privées. Travailler avec la conviction qu’il n’y a pas de vérité, mais que des points de vue, et que c’est en les multipliant que l’on prend un peu de distance avec sa propre subjectivité.

Imaginer des mesures fiscales européennes, générant un changement de cap progressif et global. Cette réflexion se fait dans l’hypothèse d’une Union Européenne Fédérale, dotée de pouvoirs supra nationaux importants, et ayant un pouvoir d’entraînement sur le reste de la planète, grâce à des barrières douanière incitatrices.

Réfléchir aux conséquences pour 2030 en décrivant les réactions en chaînes jusque dans le quotidien des citoyens. Utiliser des personnages imaginaires pour faire vivre cette réalité.

Une révolution fiscale

Remplacer, sur 10 ans, tous[1] les prélèvements obligatoires par des taxes sur les énergies non renouvelables et sur la pollution, peut sembler une hypothèse radicale. Certes, mais outre l’urgence des problèmes écologiques posés, un autre argument pousse à un choix de ce type. L’économie n’est pas une science expérimentale. On ne peut donc faire d’essais en laboratoire. Tout au plus peut-on chercher à prévoir l’avenir. Les économistes ne s’en privent pas. La démarche la plus courante consiste à prolonger des courbes et à en tirer les conséquences. En l’occurrence l’objectif est plus d’imaginer un monde posant le respect de l’environnement comme un préalable. Mais alors, les ruptures sont trop nombreuses pour travailler uniquement sur des prolongements de tendances.

En poussant le curseur au maximum, les réactions en chaîne sont plus nettes, plus simples à imaginer, peut-être plus stimulantes, les hypothèses plus innovantes. Par ailleurs, comme il n’est pas question de réfléchir à la mise en place de ce type de règle à un niveau inférieur à celui de l’UE[2], par la même occasion, nous nous dotons d’une fiscalité commune, d’une protection sociale équivalente…. L’Union européenne Fédérale est en place …

Retrouvez l’intégralité de l’article sur Etats Généraux du Pouvoir Citoyen.

Voir en ligne : http://www.lelabo-ess.org/la-metamo...

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