Mise en place d’une gestion différenciée des espaces verts et passage au "zéro phyto"

25 novembre 2016 par Fabien Thoumire Fiches pratiques 53 visites
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Description brève

Depuis 2013, l’Université de Rouen-Normandie a mis en œuvre une gestion différenciée de ses espaces verts en y intégrant une démarche « zéro phyto ». Cette nouvelle gestion a pour objectif de favoriser la biodiversité végétale et animale mais également de contribuer à la protection de la ressource en eau et de la santé des membres de la communauté universitaire.

Les pratiques liées à la gestion différenciée et l’abandon de l’utilisation des herbicides font inévitablement évoluer l’aspect des espaces verts en laissant s’exprimer des espèces végétales cataloguées comme « mauvaises herbes ». En effet, l’établissement est passé de 100% d’espaces tondus de façon tout à fait conventionnelle à 30%. Le reste étant géré en prairies fauchées deux fois par an.
Le regard de chacun a ainsi dû s’adapter et évoluer pour aujourd’hui tolérer davantage l’herbe qui pousse sur les parkings et en bordure de quelques voiries. La peur de la prolifération de plantes telles que les chardons a également dû être apprivoisée avec beaucoup de pédagogie et d’information.
Deux panneaux pédagogiques sont implantés sur le campus afin d’expliquer à la communauté universitaire l’intérêt de la démarche et les aider à identifier des espèces qualifiées de « banales » telles que la grande marguerite, la véronique petit-chêne ou encore quelques orchidées qui, à cause d’une pression d’entretien trop forte, ne parvenaient jusqu’alors pas à se développer.

Un suivi scientifique est assuré annuellement par des étudiants en sciences de l’environnement. Le protocole a été élaboré par les chercheurs écologues du laboratoire ECODIV et permet de montrer que la mise en place de la gestion différenciée et l’abandon des produits phytosanitaires sont globalement favorables à la biodiversité végétale et vraisemblablement animale.
Si les résultats du suivi montrent un impact favorable sur la biodiversité, il n’en reste pas moins que le rapport à la nature reste encore difficile pour un grand nombre de personnes (étudiants et personnels) pour qui l’herbe qui pousse reste synonyme d’abandon et d’entretien défaillant des espaces.
Le suivi scientifique des populations herbacées est complété à partir de 2017 par un suivi de l’entomofaune (orthoptères été hyménoptères principalement).

Éléments facilitateurs pour l’initiative

- Anticipation de la réglementation qui vise à interdire l’utilisation des produits phytosanitaires pour les établissements publics et pour les particuliers
- Démarches territoriales similaires engagées par la Métropole et par la commune où se situe le campus principal
- Communication indispensable et forte
- Nécessité impérative d’un fort portage politique car acceptation sociétale difficile
- Nécessité d’un cahier des charges très précis

Freins, difficultés rencontrées et solutions

- La mise en place d’une gestion différenciée n’est pas synonyme d’économie (plus de temps à consacrer par l’entreprise, matériel spécifique, etc)
- Acceptation sociétale difficile (rejet de la "mauvaise herbe", impression de milieux "sales" et abandonnés)
- Encore trop peu de compétences techniques et de savoir-faire au niveau des entreprises prestataires

Bilan

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