Le Bocal Local : de l’anti gaspillage potager à une dynamique plus large !

17 novembre 2018 par LelaboESS Témoignages 9 visites

Du glanage solidaire au potaginage éducatif, en passant par l’insertion professionnelle, le Bocal Local est une association Association Une association est le regroupement d’au moins deux personnes, mettant leurs activités ou leurs connaissances en commun, par un contrat d’association (contrat de droit privé). L’objectif de cette convention doit avoir un but autre que le partage de bénéfices entre les parties, d’où l’appellation d’"association à but non lucratif". transversale. Basée sur l’économie sociale et solidaire, elle est engagée dans la lutte contre le gaspillage potager et plus largement pour le développement durable d’une alimention saine et accessible à tous. Active depuis fin 2015, dans un rayon de 20km autour de Pompignac (Nouvelle Aquitaine), l’association est reconnue d’intérêt général.


Avec le glanage solidaire, le Bocal Local lutte contre le gaspillage potager

Alors que sur le territoire du Bocal Local, le gaspillage potager est estimé à « 700 tonnes annuelles de fruits et de légumes qui ne vont pas de la fourche à la fourchette, » explique Stéphanie Dartigue, directrice de l’association Association Une association est le regroupement d’au moins deux personnes, mettant leurs activités ou leurs connaissances en commun, par un contrat d’association (contrat de droit privé). L’objectif de cette convention doit avoir un but autre que le partage de bénéfices entre les parties, d’où l’appellation d’"association à but non lucratif". , une des premières activités, destinée à en diminuer l’ampleur, est celle du glanage solidaire : « On récupère les surproductions et les invendus de fruits et de légumes des professionnels et des particuliers. » En un an, plus de dix tonnes de fruits ont ainsi été glanées, dont 20 % viennent des particuliers.

Toujours dans cette volonté de diminuer le gaspillage potager, une conserverie verra bientôt le jour pour « traiter les surproductions que l’on n’est pas en mesure de donner parce que les produits sont trop abîmes ». Les premières recettes sont déjà faites et le process validé pour une ouverture prochaine. Sans logique d’adhésion, le glanage est solidaire, il repose uniquement « sur le don et n’a pas de rentabilité à proprement parler », ajoute Stéphanie Dartigue.


Le Bocal Local développe l’alimentation locale avec le potaginage

« Notre activité rémunératrice, c’est le potaginage : la création, mise en place, accompagnement et animation des tâches autour du savoir-faire potager, des pratiques autour de l’agro écologie et de la permaculture pour rendre le potager de nouveau accessible à tout le monde, » explique la directrice de l’association. Et au-delà de leur dimension purement alimentaire, ce sont des espaces de sensibilisation et de transmission des pratiques et des savoir-faire, tout comme des espaces sociaux et intergénérationnels pour la population, puisque les utilisateurs de ces espaces, très variés, vont de la crèche aux EHPAD.

Avec sa lutte contre le gaspillage et les 15 espaces de potaginages lancés, le Bocal Local favorise le développement de systèmes alimentaires locaux. Pour aller plus loin, l’association réfléchit à la perspective d’un projet d’accompagnement TRACE « afin de permettre aux collectivités de retrouver une capacité alimentaire en relocalisant leur production de fruits et de légumes pour approvisionner la restauration collective ». Un projet de maraichage encore en cours de réflexion.


Insertion professionnelle et économie circulaire économie circulaire Définition  : Le Bocal Local fait vivre l’ESS ESS Qu’est-ce que l’Économie sociale et solidaire (ESS) ?
Définition et présentation de cette économie différente, socialement utile, coopérative et ancrée localement

Les initiatives proposées sont réalisées « par les salariés de l’association qui sont des personnes en insertion » et animées par l’encadrante technique. Au Bocal Local, les enjeux liés à l’insertion professionnelle et au développement de l’emploi local sont également au centre des préoccupations. En effet, c’est en faisant grandir ses effectifs que l’association pourra étendre ses projets. Elle compte aujourd’hui sept salariés, dont deux en insertion professionnelle et elle projette, prochainement, de passer à 9 en doublant les effectifs d’insertion, qui sont des personnes directement formées par le Bocal Local.

Toujours animé de cette volonté de développer l’économie sociale et solidaire, le Bocal Local respecte également une logique d’économie circulaire : « Tout ce que l’on fait est à base de récupération : la terre c’est généralement du compost, les bacs de culture sont réalisés à partir de palettes recyclées et les plantes sont généralement des graines récupérées sur les récoltes précédentes ». Enfin, les surplus potagers, ceux qui sont donnés à travers le glanage et récupérés par le potaginage, sont reversés à des associations locales de solidarité et peuvent notamment être distribués lors de maraudes.


Une association ancrée dans son territoire

« Nous sommes dans un territoire, que ce soit au niveau départemental ou au niveau régional qui est très engagé sur ces dynamiques autour de l’insertion ou du développement durable » de manière plus large, souligne la directrice du Bocal Local. Selon elle, ce projet est d’une telle transversalité qu’il touche et intéresse énormément de monde. En sont pour preuve les nombreux partenariats noués par l’association avec notamment des collectivités comme Cenon ou Floirac, des bailleurs sociaux, comme Mesolia ou Logévie et des établissements privés tel que l’EHPAD de la commune de Bouliac.

L’idée du Bocal Local est simple et innovante, elle est porteuse de nombreux impacts, qu’ils soient sociaux, économiques ou environnementaux. Aussi, « l’idée c’est de pouvoir proposer de l’essaimage, » car la petite association est « souvent sollicitée pour accompagner ou reproduire des initiatives sur d’autres territoires », mais pour Stéphanie Dartigue, « on ne le fera que quand on aura éprouvé notre modèle. Sur une projection à 5ans c’est possible, » car l’essaimage n’est jamais du copier-coller et nécessite « une forte logique d’adaptabilité ». Une affaire à suivre donc…


© Photos : Le Bocal Local

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