Au sein du PTCE du Pays de Bray, les différences coopèrent pour une économie solidaire

4 avril 2018 par LelaboESS Témoignages 48 visites

Le Pôle Territorial de Coopération Economique (PTCE PTCE Pôles territoriaux de coopération économique. ) du Pays de Bray, porté par la Maison de l’Economie Solidaire intervient, depuis plus de dix ans, dans l’Oise et la Seine-Maritime pour y développer une économie sociale, accessible aux publics les plus fragilisés. Engagé dans la recherche et développement pour répondre aux besoins du Pays de Bray, il est aujourd’hui axé sur les services à la population au sens large et la question des éco-métiers.


Se rassembler en faveur d’une économie solidaire

Le PTCE PTCE Pôles territoriaux de coopération économique. du Pays de Bray est né d’un premier rassemblement au sein de la Maison de l’Economie Solidaire (MES). Fondée sous forme de SCIC SCIC Société Coopérative d’Intérêt Collectif en 2004, la MES a très vite servi de socle de rencontre entre les différents acteurs du territoire rassemblés dans un « Conseil d’Administration multiforme de 5 collèges : salariés, entreprises du territoire, collectivités publiques, militants de l’ESS ESS Qu’est-ce que l’Économie sociale et solidaire (ESS) ?
Définition et présentation de cette économie différente, socialement utile, coopérative et ancrée localement
et usagers de la MES »
se souvient Rachid Cherfaoui, président du PTCE.

Pour tracer la ligne directrice du projet, une question s’est posée à toutes les parties prenantes : « qu’est-ce qui nous unit fondamentalement ? » Ce à quoi elles ont répondu par « le territoire sur lequel on est et la volonté d’y promouvoir de l’activité économique, notamment destinée aux publics prioritaires, » explique Rachid Cherfaoui. Selon lui, la MES « n’est pas forcément la maison des structures de l’ESS proprement dite, mais un ensemble d’entreprises qui créent de la solidarité par la pratique. »

Après ce premier rassemblement, le PTCE s’est « constitué sur une période allant de 2006 à 2008 environ, avec un travail de structuration important à partir de 2012. Maintenant, on est en phase de croisière, » résume son président qui met en avant la démarche « Recherche et développement » du projet.


Organiser la coopération dans une démarche R&D

« Nous sommes dans une dimension du besoin et de l’aspiration : Qu’est-ce que l’on a envie de faire et comment on réussit à faire converger cette envie avec des acteurs de natures différentes ? » Un raisonnement « beaucoup plus puissant en terme de mécanique d’émergence de projets. »

Pour faire émerger les projets justement, le travail de coopération se structure autour de cinq phases d’ingénierie territoriale, que décline Rachid Cherfaoui, et durant lesquelles les structures concernées vont passer du statut de partenaires aux statuts de sociétaires de la SCIC :

« Lors de la première phase, on se retrouve à 200 partenaires à la MES pour participer à une réflexion autour d’une problématique posée. » La deuxième phase constitue le benchmark en vue de trouver des voies de réponses à cette problématique. A partir de la troisième phase, la question de la coopération se pose, explique-t-il : « On est dans la réflexion d’arbitrage et de stratégie pour savoir si on continue vers les deux dernières phases, » qui sont l’étude de faisabilité et le prototypage. A ce moment-là, « on demande aux partenaires de devenir coopérateurs avec un partage de financement et de gouvernance Gouvernance Définition et une entrée au capital. »


Associer les différences pour construire des projets viables

Avec cette organisation, le PTCE permet de « faire converger des acteurs, des visions et des approches différentes » pour réaliser des projets répondant aux besoins du territoire. Il rassemble aujourd’hui 70 coopérateurs, au sein de plusieurs cercles de mobilisation, qui utilisent notamment la recherche mutualisée de R&D. Six structures appartiennent à son premier cercle et se partagent en plus les ressources humaines et techniques :

  • une association Association Définition intermédiaire : PB Emploi
  • une SARL pour les espaces verts : Chantier Nature
  • un organisme de formation : Ateliers et Chantiers d’Insertion du Bray (ACIB)
  • une association de services à la personne : PBS Entreprise
  • une association de gestion des déchets : Recycleriez
  • Une association d’écoconstruction : Les sens du Bray

Concernant les pouvoirs publics, le dialogue est constant avec les collectivités locales dont trois sont devenues sociétaires de la SCIC : « La Communauté de Commune du Pays de Bray et la Commune de la Chapelle-aux-pots sont venues nous rejoindre quand on a porté un programme sur les déchets. Avec elles, nous avons, par exemple, créé une recyclerie ». La Commune de Belle Eglise voulait une crèche à côté de son école. « Nous en sommes aujourd’hui à la finalisation du fonctionnement de cette crèche qui ne sera pas la fin mais le début de nos relations, » ajoute Rachid Cherfaoui.

Une difficulté cependant que rencontre la plupart des PTCE suivant un système de « holding inversée » : la MES, par exemple, est la propriété des structures qu’elle pilote et malgré les réussites que l’on peut mettre au compteur du PTCE, cette organisation pose encore quelques problèmes auprès des financeurs encore frileux de cette pyramide inversée. « Il y a une difficulté aujourd’hui à être crédible financièrement pour porter des projets ambitieux quand on n’est pas en situation de holding » conclut son président en espérant que les choses puissent évoluer de ce côté-là.


© Photos : PTCE du Pays de Bray

Voir en ligne : http://www.lelabo-ess.org/au-sein-d...

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