Maxime, étudiant entrepreneur en mobilité durable

13 mars 2018 par REFEDD Témoignages 36 visites

Aujourd’hui, découvrez le parcours de Maxime, étudiante marseillais d’origine bordelaise qui a décidé de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale avec un projet d’avenir : eTransports, le 1er réseau de VTC (pour Véhicule de Tourisme avec Chauffeur) électriques à Bordeaux. Rencontre.

 

 

Salut Maxime ! Peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Je m’appelle Maxime Roy, je suis étudiant à l’École Centrale Marseille et membre de l’association Ingénieurs Sans Frontières Provence. J’étais membre du Conseil d’Administration du REFEDD en 2016.

Parle-nous de ton projet eTransports : en quoi consiste-t-il exactement ?

eTransports est le 1er réseau de taxis et VTC électriques à Bordeaux. C’est une startup que j’ai cofondé avec un ami ingénieur en 2017, pour transformer le marché du taxi. Nous travaillons avec des chauffeurs de taxis et de VTC pour résoudre le conflit qui les sépare à cause de l’ubérisation. Les plateformes telles qu’Uber se préoccupent très peu des chauffeurs mais prélèvent une forte commission sur le prix de la course (plus de 25%). Le résultat donne un service peu humain pour les passagers et crée un déséquilibre sur le marché du taxi.

Pourquoi avoir choisi le domaine de la mobilité ? Étais-tu toi-même engagé et sensible à cette question durant tes études ?

Comme une part grandissante de ma génération, je suis très imprégné par le développement durable. C’est un enjeu qu’on comprend de mieux en mieux aujourd’hui parce qu’il occupe une place de plus en plus importante : dans les grandes villes comme Paris ou les métropoles comme Bordeaux, aux îles Fidji à cause du réchauffement climatique, au supermarché ou dans nos assiettes avec le bio, dans le paysage politique européen, etc. Aujourd’hui, c’est presque inscrit dans mes gènes : « penser global et agir local ».

Sur la question de la mobilité, je suis un féru de bicyclette. J’ai longtemps rechigné à passer le permis de conduire parce que, comme beaucoup de jeunes urbain.e.s, j’utilise très peu la voiture. Mais elle reste encore indispensable quand on habite à la campagne. Habiter en ville est une belle chance pour profiter de l’intermodalité quand on se déplace.

Aujourd’hui, je vais au travail en vélo tous les matins et l’air est souvent irrespirable à cause des gaz d’échappements des voitures sur mon trajet. Quand je marche sur le trottoir, j’aimerais respirer sans m’encrasser les poumons. Alors j’ai décidé d’apporter ma pierre à l’édifice en fondant eTransports. Pour révolutionner le secteur, on lui apporte une dimension sociale, environnementale et économique, tout ça de façon durable.

Maxime et Alexandre, les fondateurs d’eTransports

Est-ce que ton engagement associatif avec ISF Provence et ton expérience d’administrateur au REFEDD t’ont été utiles pour lancer eTransports ?

Avec ISF Provence, nous avons organisé en 2016 la première édition d’Innov’Marseille pour la Semaine Etudiante du Développement Durable 2017 : c’est un forum des initiatives durables et locales que CliMates et le WARN encouragent à répliquer dans les villes. J’ai aussi mené plusieurs projets sur le campus, pour obtenir des poubelles de tri dans les résidences ou fabriquer un compacteur automatique de canettes, dans la démarche « Campus Responsables ». ISF Provence est encore bien impliquée cette année sur la question des déchets à Marseille, en participant à l’initiative 1 Piece of Rubbish (« 1 déchet par jour »). Toutes ces actions m’ont apporté de l’expérience dans la gestion de projet, la collaboration avec les autres, et c’est fondamental dans mon rôle chez eTransports aujourd’hui.

L’édition 2017 d’InnovMarseille, reconduite chaque année depuis 2016.

Enfin, mon expérience au REFEDD m’a beaucoup appris sur l’étendue des sujets liés au développement durable, et j’ai pu gagner en expertise. J’y ai rencontré des gens formidables avec qui on prend un peu de hauteur sur nos initiatives locales, et pour moi c’est essentiel d’avoir ce double regard. J’ai aussi participé à la COP 23 à Bonn, avec l’association La Ruta del Clima, où j’y ai retrouvé YouNGO et le REFEDD. Cela permet d’inscrire des petites actions dans de plus grands enjeux.

 

Comment comptez-vous sensibiliser les usagers à l’impact environnemental des véhicules thermiques et accompagner les chauffeurs d’eTransports vers l’électrique ?

Un taxi équipé d’un moteur thermique rejette en moyenne 11 tonnes de CO2 par an. Le premier avantage du véhicule électrique, c’est qu’il ne rejette pas un gramme de carbone. En France, nous avons une électricité très peu carbonée avec le nucléaire et l’hydroélectrique, c’est donc c’est une opportunité pour rouler à l’électricité !

Notre mission chez eTransports, c’est de rassembler le plus de personnes autour de cette aventure. D’ailleurs, nous recherchons des profils motivés pour rejoindre l’équipe. Nous avons deux leviers d’action : la sensibilisation du grand public, grâce à une offre dédiée aux organisations et aussi auprès de nos passagers, pendant leur expérience à bord. Puis c’est également une transformation profonde du métier de chauffeur, en les accompagnant dans la transition vers l’électrique, en les formant à l’éco-conduite par exemple.

Le contexte actuel est favorable à l’émergence d’une nouvelle offre : c’est l’occasion de rassembler tous les acteurs et actrices du secteur autour d’une puissante communauté. Nous la voulons participative avec les chauffeurs, car ce sont eux qui connaissent le métier. En bref, un modèle durable et responsable !

A terme, quel futur imaginez-vous pour eTransports et, plus globalement, le marché des VTC électriques ?

Le marché de la mobilité est en plein chamboulement : nous n’avons pas d’autre choix que d’apprendre à la consommer autrement. Ainsi de nouveaux modèles émergent : le covoiturage, l’autopartage (de même que le vélopartage ou le scooter partagé), et puis les courses partagées en taxi. Déjà aujourd’hui, quand on habite en ville, il n’est plus nécessaire de posséder un véhicule parce que l’offre de mobilité est abondante.

eTransports s’inscrit dans cette vague de nouveaux usages qui contribuent à remplir les véhicules de passagers pour ne pas les laisser stationner 95% du temps. Et même, avec l’arrivée du véhicule autonome, les chauffeurs resteront indispensables dans bien des secteurs. C’est pourquoi nous les formons dès aujourd’hui à devenir des assistants de voyage, pour compléter le service de transport : en conseillant les passagers, en récupérant les enfants à l’école, en passant au pressing, etc.

A terme, eTransports deviendra un acteur local intégré du transport électrique : en gérant ses chauffeurs, son réseau de bornes de recharges, sa flotte de véhicules, mais aussi une offre de transport de marchandises. On a de beaux projets en cours et nous sommes à la recherche de talents pour réaliser ce rêve !

 

Pour aller plus loin

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Voir en ligne : http://refedd.org/etransports-mobil...

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