13ème Semaine pour les alternatives aux pesticides : la SPAP

8 février 2018 par REFEDD Témoignages 5 visites

La SPAP ça vous dit quelque chose ? C’est la Semaine Pour les Alternatives aux Pesticides ! La 13ème édition a lieu du 20 au 30 mars et a pour but de sensibiliser les populations à la présence des résidus de pesticides de synthèse dans notre alimentation, substances toxiques pour lenvironnement et notre santé. Alors comment les réduire ou encore mieux, sen passer ? Cest le défi de la SPAP, qui met à lhonneur des alternatives durables pour encourager une véritable transition agricole, environnementale et sanitaire.

La SPAP, un projet porté par Générations Futures

L’association Générations Futures milite pour protéger les prochaines générations des pesticides et de leurs effets néfastes. Vous avez sûrement entendu parler récemment de la décision du tribunal de Nice qui a suspendu l’autorisation de marché de deux insecticides tueurs d’abeilles ? C’est eux qui avaient saisi le tribunal ! Depuis 13 ans, l’association organise la SPAP durant les 10 premiers jours du printemps. Pourquoi cette date ? Car c’est le moment où reprennent les épandages de pesticides sur les cultures. Face à ce phénomène, des événements fleurissent en France mais aussi dans le reste du monde pour promouvoir les alternatives aux pesticides. L’année dernière, la SPAP a réuni plus de 1000 événements dans 18 pays du monde !

Les pesticides de synthèse, késako ?

Ce sont l’ensemble des substances chimiques utilisées pour repousser, détruire ou combattre les espèces indésirables de plantes et animaux causant des dommages aux denrées alimentaires, aux produits agricoles, aux bois… Mais on y inclut aussi d’autres substances comme les régulateurs de croissance des plantes, les agents réduisant le nombre de fruits ou leur chute précoce, les substances appliquées avant ou après récolte pour empêcher la détérioration des produits, etc. Tout ça représente concrètement 350 produits différents utilisés à travers l’Union Européenne. Souvent mal utilisés et en trop grosse quantité, ils s’accumulent dans les milieux naturels et produits alimentaires car ils ont du mal à se dégrader : c’est le processus de bio-accumulation.

 

Sont-ils vraiment nocifs ?

Sans grande surprise, c’est un oui !

L’utilisation des pesticides de synthèse a des effets dévastateurs sur l’environnement et la biodiversité, mais aussi sur notre santé, en plus de réduire à termes la fertilité des sols. Les pesticides répandus sont emportés par le ruissellement et se propagent ainsi dans les cours d’eaux et les eaux souterraines ; ils peuvent aussi être emportés dans l’atmosphère ou stockés dans les sols. La première étude sur le sujet a été réalisé par une biologiste américaine en… 1962 ! (Rachel Carson dans Silent spring). On arrive aujourd’hui à détecter la présence des pesticides dans les eaux de surfaces, souterraines et marines. Les constats sont alarmants : on retrouve des molécules actuellement utilisées, mais aussi des molécules interdites d’usage depuis de nombreuses années. Plus de 20 pesticides différents ont été mesurés sur 18% des points de suivis en France et des pesticides sont présents dans 63% des points de suivis en métropole. La qualité de l’air est également altérée, notamment parce qu’il n’y a pas de réglementation spécifique.

De plus, au niveau de la biodiversité, on note que les pesticides provoquent une intoxication directe et indirecte des organismes, une réduction de l’offre de nourriture, des effets sur le comportement et la reproduction… notamment chez les abeilles, les insectes, les vers de terre, les rongeurs, les oiseaux et les poissons ! Enfin, les pesticides sont présents dans notre alimentation : 65,9% des échantillons de fruits contiennent des résidus détectables de pesticides. Et cette prolifération dans l’alimentation entraine évidemment des conséquences sur la santé ! En effet, ces produits peuvent provoquer sur le long terme, même en faible quantité, des troubles neurologiques et du comportement (Parkinson, Alzheimer, autisme…), du développement, des cancers, des troubles de la fertilité et bien d’autres choses encore. C’est pour ça que cette année, c’est sur nos assiettes que se focalise la SPAP.

L’affiche officielle de la SPAP 2018

 

Quelles sont les alternatives ?

Générations Futures propose des alternatives aux pesticides sur tous les lieux d’utilisation :

  • Pour les agriculteur.trice.s : plusieurs approches sont possibles. La protection intégrée, qui utilise les processus naturels de régulation, très utilisée dans les pays en voie de développement ; l’agriculture biologique, qui gère la production en favorisant la biodiversité, la fertilité des sols et l’adaptation aux conditions locales ; l’agroforesterie, qui associe arbres et cultures ; et la permaculture, qui cherche à imiter et reproduire un écosystème en équilibre.
  • Pour nos potagers : de nombreuses techniques existent ! Le compost permet de produire un engrais riche et équilibré. Le paillage à lui aussi des avantages non négligeables puisqu’il aère le sol et nourrit les êtres vivants qui s’y trouvent, limite la prolifération des mauvaises herbes, aide à la formation d’humus. D’autres techniques comme le sarclage, l’installation d’hôtels à insectes ou encore un choix judicieux de plantes permettent de se passer des pesticides.
  • Pour les collectivités : depuis le 1er janvier 2017 (Loi Labbé du 6 février 2014) les collectivités n’ont plus le droit d’utiliser ou de faire utiliser des pesticides de synthèse dans leurs espaces publics. Les alternatives sont nombreuses et plusieurs communes comme Rennes, Grande-Synthe ou encore Versailles se sont déjà engagées. Il faut une démarche collective avec un réaménagement des espaces (paillage, choix des espèces plantés…) et le choix d’un désherbant non chimique (manuel, électrique ou thermique).
  • Dans nos maisons : pensez aux moustiquaires et aux pièges à clapets. En prévention, les répulsifs naturels sont très efficaces. Utilisez par exemple le vinaigre, le marc de café, le basilic, la marjolaine, la citronnelle… Cela vaut aussi pour les produits d’entretiens, on trouve sur le net plein de recettes pour fabriquer des produits favorables pour notre environnement et notre santé. Enfin, le maitre mot est prévention : pour les puces, les poux et autres nuisibles, ayez recours aux huiles essentielles (géranium, lavande, citronnelle, basilic…) !

Source : jardinage.lemonde.fr

 

Rejoignez le mouvement !

Vous avez donc bien compris que les pesticides, c’est le mal, et que lutter contre, ben c’est plutôt utile ! Vous aussi, vous pouvez porter un projet pour la SPAP : cette année, Générations Futures co-organise un concours de court métrage « La santé dans l’assiette ». Si vous êtes motivé.e.s et que vous cherchez une idée à concrétiser, l’association vous guide ! Et si l’inspiration vous vient, contacter Sophie Bordères, chargée du projet SPAP, à sophie@generations-futures.fr.

Article rédigé par Caroline Gaboriau.

Pour aller plus loin 

 

Cet article 13ème Semaine pour les alternatives aux pesticides : la SPAP est apparu en premier sur REFEDD - RÉseau Français des Étudiants pour le Développement Durable.

Voir en ligne : http://refedd.org/semaine-alternati...

Licence : Pas de licence spécifique (droits par défaut)

Contacter l’auteur

Une initiative de l’association CIRSES avec un résau de partenaires