Engager la transition écologique sur nos territoires

29 décembre 2017 par REFEDD Témoignages 27 visites

Face à l’aggravation du dérèglement climatique et à la faiblesse des engagements pris par les Etats du monde entier, Alternatiba/ANV-COP21 et le Réseau Action Climat (RAC) appellent, dans une tribune publiée par Reporterre, les citoyennes et les citoyens à se mobiliser pour activer la transition écologique sur tous nos territoires, au niveau local.

 

Un manque d’engagement au niveau national et international

COP21, accord de Paris, One Planet Summit du 12 décembre… Beaucoup de sommets internationaux, peu d’engagements. La décision de Donald Trump de sortir les États-Unis de l’accord de Paris a fragilisé la dynamique politique sur les changements climatiques, et la COP23 a révélé la grande difficulté des autres Etats à prendre le relais pour maintenir le réchauffement climatique en dessous de la barre des 2°C et de tendre vers 1,5°C. C’est de ce constat qu’est né l’appel du RAC et d’Alternatiba/ANV-COP21 : puisque rien ne bouge au niveau global, recentrons le combat au niveau local ; lançons la transition écologique sur nos territoires !

Aux Etats-Unis par exemple, quand, en 2005, George W. Bush révoquait la signature du protocole de Kyoto par les États-Unis, plusieurs centaines de maires signaient le “United States Mayor’s Climate Protection Agreement”, dans lequel ils et elles s’engageaient à diminuer les émissions de gaz à effet de serre de leurs communes selon les exigences du protocole de Kyoto. De même, quand Donald Trump a décidé de se retirer de l’accord de Paris, de nombreuses villes et Etats se sont prononcé.e.s en faveur de cet accord et se sont engagés à agir pour combattre le changement climatique à leur échelle.

Recentrer la lutte contre le changement climatique sur nos territoires

Selon le dernier rapport du GIEC, 50 à 70% des leviers d’action contre le dérèglement climatique se trouvent au niveau local. En effet, par exemple, les collectivités territoriales ont une responsabilité directe dans 15% des émissions de gaz à effet de serre nationales, via leurs bâtiments par exemple. Et si l’on tient compte de leurs décisions en matière d’aménagement, de transports, de bâtiments, d’installation d’énergies renouvelables etc., les collectivités ont une responsabilité indirecte sur jusqu’à 50% de ces émissions. L’échelle locale, à travers les collectivités territoriales, est donc une échelle d’action cruciale pour mener la transition écologique !

Contrairement aux questions traitées lors des sommets internationaux, les domaines auxquels touchent les plans climat, par exemple, ont un lien direct avec la vie quotidienne : limiter la place de la voiture en ville pour respirer de nouveau, favoriser des filières agricoles bas carbone pour se nourrir sainement en préservant la planète, développer des énergies renouvelables et créer de l’emploi non délocalisable… Pour les citoyen·ne·s engagé·e·s, c’est l’occasion de passer de l’engagement individuel à des projets de territoire et ainsi, de faire changer d’échelle les alternatives. Par exemple, cela peut permettre de passer du choix de réduire sa consommation de viande à titre individuel ou de créer une AMAP avec un petit groupe de personnes à mettre en place l’approvisionnement en nourriture locale, bio et moins carnée pour les cantines d’une collectivité.

 

Inclure les citoyen.ne.s dans l’élaboration des plans climat

Depuis la loi de Transition énergétique pour la croissance verte et le troisième volet de la réforme territoriale en 2015, toutes les intercommunalités de plus de 20.000 habitant·e·s — soit plus de la moitié de nos territoires — devront avoir réalisé une planification de leurs actions en faveur du climat avant le 31 décembre 2018. Pour ces plans climat, une consultation publique en amont de leur adoption est obligatoire. Avant cette consultation publique, il est aussi possible (et souhaitable !) que les citoyen·ne·s coconstruisent ces politiques publiques en s’impliquant dans les processus de concertation parfois proposés par les élu·e·s : c’est l’occasion de porter auprès des responsables des propositions d’alternatives à concrétiser au plus près des citoyen·ne·s.
Il est donc primordial que les habitant.e.s s’emparent de ces outils aux échelles locales et territoriales ; c’est pourquoi en 2018, Alternatiba/ANV-COP21 et le Réseau Action Climat proposent aux citoyen·ne·s de les accompagner dans cette implication : formation, outils ou encore mise en réseau entre personnes volontaires qui permettront à tout un chacun de s’intéresser de près aux actions de nos élu·e·s.

S’impliquer dans la transition écologique de nos territoires permet d’accélérer la création d’une société 100% renouvelable et résiliente, mais aussi de redonner ses lettres de noblesse à la politique : celle qui construit un avenir climato-compatible et se joue au quotidien en incluant les citoyen.ne.s, et non pas celle qui peine à les mobiliser aux urnes.

Si vous êtes intéressé.e.s par cette campagne, vous pouvez vous inscrire ici.

  • La tribune dans Reporterre
  • L’appel sur le site du RAC
  • L’appel sur le site d’Alternatiba

 

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